« La sérendipité désigne la capacité de reconnaître et de faire fructifier des découvertes hasardeuses dues à des erreurs, des négligences ou des maladresses. Aussi, bien que toute création ne soit pas le fruit d’une erreur, la possibilité de l’erreur, qui est aussi celle de l’errance, semble être l’une des conditions mêmes de l’inventivité et de la sortie du déjà connu. » CNAP.
La créativité pourrait-elle être un synonyme de sérendipité, qui désigne la capacité de reconnaître et de faire fructifier des découvertes hasardeuses dues à des erreurs, des négligences ou des maladresses ? Bien évidemment, dans le domaine de l’Art et même de la Science, l’imprévisible ou l’erreur permet des découvertes et exacerbe la créativité.
ESSAYER ENCORE, RATER ENCORE, RATER MIEUX !
Dans le domaine de la création artistique comme dans tous les autres domaines, sans erreur, concours de circonstances ou même accident, il serait difficile de trouver son chemin. L’erreur est socialement dévalorisée puisqu’elle est imbriquée dans un système de performance, de réussites et de résultats. Pourtant, le hasard d’une découverte lié à une erreur, ou un concours de circonstances, peut déboucher sur une nouvelle créativité. Prenons l’erreur de navigation de Christophe Colomb — un ratage au sens de « rater son coup » — qui découvrit l’Amérique en 1492, ou Cristóvão de Mendonça qui découvrit l’Australie en 1522, le mausolée de l’empereur Qin et ses 3000 soldats mis au jour en 1975 par un ouvrier creusant un puits, ou encore la tarte Tatin, qui est une tarte ratée — et quel délice ! Ils témoignent d’un « rater mieux », sans que l’on connaisse les chemins qui ont permis d’arriver jusque-là. Le ratage, ou l’erreur, peut susciter des orientations différentes dans nos vies, et c’est tant mieux ! De l’acceptation de nos erreurs, de nos ratages, avec un nouveau regard sur elles, peut naître toute création.
LE RATAGE EST UN APPRENTISSAGE
De la naissance à son autonomie, l’apprentissage de l’enfant passe par l’élaboration de son ratage, d’où prendra forme son individuation psychique, c’est-à-dire sa capacité à se séparer du besoin d’être étayé par ses parents ou éducateurs.
L’enfant expérimente le langage du corps, le mouvement des mots. Il découvre la relation à l’autre, il s’approprie ou se déleste d’objets. Il éprouve ses émotions. Il essaie de marcher pour apprendre à se déplacer, il chute, se relève, pour enfin tenir debout. Ses premiers mots sont balbutiés, pour ensuite s’articuler, jusqu’à se faire comprendre et susciter une réaction positive. L’enfant explore son périmètre en se trompant de chemin. Il part à la découverte, il satisfait sa curiosité, il se nourrit de ses rencontres : rien n’est une erreur, tout est rencontre d’un nouveau monde, celui de l’autre qui va aussi devenir le sien. Il essaie encore après avoir échoué une première fois, il peut rater encore, mais chaque tentative est une progression vers davantage d’autonomie de soi, avec et vers l’autre.
C’est nous, les superviseurs, qui nommons l’erreur, le ratage, comme un échec ! C’est nous qui interdisons ! C’est nous qui formulons la sanction du ratage ! Le ratage est hors limite, en dehors du cadre imposé, hors des normes, en dehors de ce qui est autorisé ! Le ratage ne peut exister que par rapport à quelque chose : un but qui est fixé par un autre. L’enfant rate et on interdit, on remet dans le droit chemin ; son ratage vient bousculer nos rituels, dans notre cadre fermé aux habitudes ordonnées par d’autres et auxquelles obsessionnellement nous nous conformons. Dans un autre cas, l’enfant rate et on en sourit, on est attendri, car notre acceptation de nos propres erreurs est assez ouverte pour accueillir son erreur, son ratage, son achoppement. Tout n’est qu’une affaire de limites que nous avons intégrées par transmission, que nous nous sommes appropriées et que nous savons remettre en question, ou alors auxquelles nous nous conformons. La transmission de ce qui est une erreur, un ratage, un achoppement, non conforme à ce qui est accepté, freine le sujet à tenter des expériences nouvelles !
Mais ne nous faut-il pas un but propre à soi pour avancer à la rencontre de soi-même ? C’est bien là que s’inscrit l’ambivalence entre notre propre but et l’objectif de l’autre. C’est là que s’inscrivent le doute et l’indécision, dans un conflit de loyauté entre soi et l’autre : se conformer au désir de l’autre, ou découvrir et faire grandir le sien.
En psychanalyse, le ratage, c’est l’inconscient qui parle ! Comme si on ne pouvait pas rater consciemment. Ah ! Ça, c’est intéressant : et qui voulez-vous qui, autre que l’autre inconscient de lui-même, en soit responsable ! D’ailleurs, on dira de celui qui rate : « Quel inconscient ! »
Mais voyons ce qu’il y a dans l’inconscient qui mène au ratage. Lacan nous dit que « par quoi s’avère qu’il ne réussit jamais si bien qu’à rater, ce qui n’implique pas que le ratage soit son équivalent, autrement dit puisse être tenu pour réussite » : lapsus, faux pas, acte manqué… Le rêve est le surgissement d’un désir raté et refoulé, déguisé pour la circonstance avec des événements du présent et du passé. L’acte manqué est un désir qui voudrait s’exprimer mais qui est refoulé et qui s’exprime à notre insu, en faisant retour dans la réalité, et qu’on oublie d’examiner. Freud avait écrit en son temps que « Les actes manqués ont un sens et indiquent les moyens de dégager ce sens d’après les circonstances qui accompagnent ». Le ratage vient parler à celui qui sait l’entendre ! Le ratage inconscient est un désir refoulé ! Un désir à entendre ? Quelque chose que l’on retient en soi inconsciemment, sous peine de sanction ? Notons bien que Lacan vient nous dire que, dans le ratage, s’exprime un désir refoulé, et que ce n’est pas pour autant que le refoulement du désir est une réussite en soi.
Faites entrer vos ratages, nous sommes là pour les écouter ! Faites entrer vos ratages et vos désirs, ils sont là pour être regardés ! Le ratage est la voie ouverte vers l’inconscient, vers les désirs supposés interdits, et votre travail, c’est d’en avoir conscience, pour jouer à nous faire croire que vous avez raté !
RÉACTIONS FACE AU RATAGE
Ne nous trompons pas : l’enfant est étayé d’un Autre pendant un temps qui lui est nécessaire, jusqu’à ce que lui-même s’en sépare pour qu’à son tour, lorsqu’il devient adulte, il en étaye un autre. Voilà ce qui fait l’incontournable chaîne ascensionnelle dans le cadre de la vie et de ses limites.
Lorsque l’enfant devient adulte, le « rater » devient une butée, un obstacle à franchir. C’est à partir de ses représentations infantiles inconscientes que l’adulte va réagir. Le sujet a au moins trois solutions : soit faire appel à un autre qui le soutient et l’étaye dans sa démarche ascensionnelle ; soit s’étayer de lui-même et de ses expériences passées pour progresser vers l’inconnu ; soit abandonner et stagner dans une insatisfaction qu’il connaît bien et dont il se contente.
Il est intéressant d’observer celui qui rate et ses réactions. Sa névrose surgit ! Sa culpabilité prend place ! Il est dans le déni, il peut s’en vouloir ! D’autres, au contraire, observent. D’autres rongent leur frein en silence et essaient de sublimer le ratage. D’autres comprennent où cela les mène. D’autres encore transforment, changent de direction, errent à la découverte de l’inconnu. Le ratage, fixé à la butée, peut révéler le désir inconnu et élargir le réel du sujet. En d’autres termes, le ratage peut être une poésie du corps et du langage, à l’écoute de soi-même.
Toujours réussir à ne pas rater est impossible ! Nous sommes toujours en apprentissage de ce que la vie nous offre d’expérience. Par conséquent, le ratage est consécutif du succès éphémère — éphémère puisque le succès engendre d’autres essais, d’autres ratages, d’autres « rater mieux », et ainsi de suite.
S’innover est le propre de l’homme, de son équilibre psychique, et fait partie de la réalisation de soi. Il est impossible de ne pas être confronté aux expériences de la vie, sinon de vivre en retrait de l’environnement. L’homme s’apprend à partir de ses échecs ; c’est à partir d’eux qu’il pourra traverser certaines expériences auxquelles il sera confronté, pour rencontrer de nouvelles situations et recommencer. Celui qui est fatigué de ses échecs s’enferme dans ceux-là et se conforme à l’échec insurmontable. Le ratage est essentiel pour avancer. L’arrêt sur image d’un échec permet alors d’identifier ses faiblesses et ses forces, ses compétences et capacités, pour transformer les unes à l’aide des autres. Mais s’appuyer concrètement sur ses propres défaillances, les analyser et, surtout, avoir une vision positive de celles-ci n’est pas si courant, malgré les apparences.
LA SCANSION ENTRE ENCORE ET MIEUX
Je choisis l’idée d’emprunter le « rater » de Beckett dans « Cap au pire », qui est pour moi la représentation du point central où va se décider l’orientation psychique du sujet, soit vers la stagnation, soit vers la progression — là où se trouve la butée qui risque de faire achopper le sujet. C’est ici que tout se dit et se fait : faire plus que rater et rater encore, ou alors faire mieux que rater et améliorer le ratage vers quelque chose en mouvement, qui ne s’arrête pas, comme la vie qui dévie souvent de la direction qu’on cherche à lui donner.
L’idée ici est de penser l’acte du « rater » comme une butée. Il s’agit, à ce moment précis, de faire quelque chose de ce « rater » qui fait buter le sujet ! Lacan dit : « Autre scansion du temps logique, le moment de rater ne réussit à l’acte que si l’instant d’y passer n’a pas été passage à l’acte, de paraître suivre le temps pour le comprendre ». Il parle de la condition nécessaire pour que le ratage soit un « rater » vers la progression, donc toujours mieux que le précédent. La condition est la scansion, si chère à J. Lacan et à d’autres de son école. Une scansion étant une pensée ou une émotion marquée par un temps fort, d’interruption, laissant le sujet en acmé de ce qui vient de se dire ou de se faire. La scansion est un temps qu’il faut suivre et ressentir, un retour sur soi non propice au passage à l’acte (impulsif), mais bien au contraire à la réflexion intérieure, à l’observation.
Si le « rater » n’est pas empreint de scansion, alors le « rater mieux » ne peut pas être, ne peut pas se faire : au contraire, il va vers sa répétition ! Il s’agit d’habileté introspective, de rituel de la scansion, d’arrêt sur image ! Un moment de pleine conscience, comparé au reste du temps inconscient où tout se fait, la plupart du temps, sans penser le temps présent. C’est au moment de la scansion, entre le « encore » et le « mieux », que la névrose et ses non-dits prennent place ! Ou autrement dit, ce qui empêche d’avancer, pour un temps, et force le sujet à l’arrêt.
Ce n’est pas la scansion qui décide s’il y a progression ou stagnation, mais bien le sujet, avec ce qu’il fait du temps d’arrêt de ce temps de scansion. C’est là que le sujet prend place ! La scansion est un retour sur soi pour un « rater mieux », ou l’absence de celui-ci pour un « rater encore ». Mais pas que !
Le sens du « encore » signifie la répétition, mais il existe la répétition avec progression et la répétition avec stagnation. La répétition avec stagnation tourne en rond inconsciemment, dans un cercle psychique réduit aux seules possibilités que sont les représentations qui se sont inscrites dans l’inconscient du sujet.
L’inconscient a besoin de prendre l’air ! Il a besoin d’ouvrir la fenêtre de la scansion et de s’échapper de son cercle réduit ! Là se pose la question : le sujet peut-il, de lui-même, ouvrir et sortir par la fenêtre, et prendre de la distance pour regarder la situation dans laquelle il se trouve à l’instant ? Si oui, alors il profite du temps de la scansion et c’est une répétition avec progression ; sinon, sans le temps de la scansion, c’est une répétition avec stagnation. L’essai issu de la scansion n’est jamais le même que le précédent, et c’est en ce sens qu’il progresse vers le mieux.

Il y a un bénéfice dans la répétition avec stagnation : celui de ne pas aller voir ce qu’on ne veut pas voir, et qui risquerait de nous mettre en danger — très souvent, l’inconnu. Beaucoup de sujets adultes préfèrent s’installer dans leur zone de confort inconfortable plutôt que d’aller vers un inconnu où ils vont devoir réapprendre à s’installer avec leur objet.
C’est au point de butée, où se trouve le « rater », que tout se joue dans la répétition, et où la scansion peut offrir au sujet une répétition progressive, jusqu’à sortir de son propre jeu stagnant. Sans profiter de ce temps, le sujet adulte s’enracine dans ses représentations, il tourne en rond sans trouver la fenêtre de la scansion. En définitive, le « rater mieux » est la « répétition avec progression ».
LE RATAGE DE L’AUTRE FAIT RIRE
Notons que la répétition « essayer encore, rater encore » prépare la place au désir inconnu, qui signifie une évolution ou une stagnation possible, selon le sujet, vers son besoin ou son désir. La répétition est névrotique, dirons-nous ! Oui, elle l’est, et c’est bien ce qui peut enfermer le sujet dans son impasse.
Répéter sans cesse la même situation, sans cesse la même version de soi-même, et sans cesse éprouver son impuissance dans son échec, sa castration. Mais quelle est cette chose qui pousse le sujet à réitérer sans cesse sa situation névrotique ? La vérité, si elle doit exister, est que le sujet répète sans cesse sa situation pour trouver inconsciemment sa solution et sortir de ce qui le fait souffrir : c’est ce qu’on appelle pulsion de vie ou instinct de survie.
Mais le problème dont le sujet n’est pas conscient est qu’il essaie de se sortir d’une situation qu’il veut préserver, parce qu’il sait négocier avec elle, pour avoir appris cela depuis son enfance. C’est ce que j’appelle « la zone de confort inconfortable ». Toutes ses stratégies d’acceptation du pire sont bel et bien ancrées en lui, au point qu’il a élaboré inconsciemment une myriade de mécanismes de défense, inconscients, qui le préservent de l’inconnu. Cette myriade n’est pas semblable à l’archipel des Cyclades, qui, lui, crée l’émerveillement.
Imaginez un instant : le sujet se trouve confronté à son « angoisse de castration », c’est-à-dire qu’il risque de perdre le contrôle de la maîtrise de toutes les stratégies qu’il a mises en place depuis son enfance et qui lui permettent de vivre dans sa zone de confort inconfortable ! On peut comprendre aisément que la crainte d’être castré peut en faire fuir plus d’un ! Oui, c’est un des caps au pire ! En d’autres termes, c’est la crainte de l’échec dans son propre inconnu. Traduisons donc ce qui est dit par la peur, ou l’angoisse, de ne pas savoir exister dans ce que l’on ne connaît pas de soi et de l’autre. Exister, c’est-à-dire ne pas être assez rassuré, ne pas avoir assez de confiance en soi pour envisager d’acquérir les compétences nécessaires et vivre par soi-même.
Il faut dire et rappeler que, comme disait mon éminent professeur en psychanalyse : « Nous sommes tous névrosés, sinon nous serions psychotiques ! » Donc nous voilà sauvés, et névrosés ! Par conséquent, ce qui nous fait sourire, rire, c’est d’assister à la névrose de l’autre, à sa répétition, et encore et encore, sans pouvoir s’en sortir, comme nous de notre rire. Ce qui nous fait rire, nous surprend, est la folie de l’autre à se débattre dans sa stagnation, et le rire est un mécanisme défensif. Une de mes patientes avait pu me dire : « Je souris quand je suis mal à l’aise et je ris quand je le suis beaucoup plus. Mais pas que ! »
La projection, ou l’identification projective sur la personne de l’autre, nous permet d’exorciser notre propre peur inconsciente de ne pas échapper à l’angoisse de castration, de stagner dans nos répétitions. Mais soyons rassurés : nous pouvons sortir de la névrose sans tomber dans la psychose ! L’apaisement névrotique permet de vivre en bon accord avec soi-même et en bienveillance avec l’autre. Notons au passage que la représentation de la répétition névrotique, quand elle est poussée à son paroxysme, déclenche chez le spectateur que nous sommes les différents degrés d’humour que nous pouvons avoir sur nous-mêmes, soit inconsciemment, soit consciemment. C’est ce qui fera les cent nuances de l’humour des représentations. Imaginez donc celui qui met en scène le paroxysme de sa névrose, que nous appelons communément « folie » : il vient faire une caricature de la nôtre, ou de ce qui pourrait s’en rapprocher ! D’où le déclenchement du rire ! Mieux vaut rire de son voisin que de nous-même, et s’y reconnaître secrètement dans notre intimité. C’est ce qui fait que le rire, ou le sourire, est thérapeutique à celui qui veut bien l’entendre ! Serait-ce à dire que Beckett était un humoriste ? Je plaisante… Ou pas !
Sachant tout cela, il est intéressant de poser notre regard sur celui qui fait la représentation, tout névrosé qu’il soit ! Son travail est-il thérapeutique ? En tout cas, il y participe. Mis à part cette considération qui m’appartient, il s’agit de considérer son travail d’interprétation, qui est un exercice difficile et demande beaucoup d’abnégation. En effet, je pense que l’interprète, dans ce cas, doit avoir une bonne connaissance de lui-même, de ses fonctionnements névrotiques, afin de pouvoir prendre de la distance en toute conscience de lui-même. Bien évidemment, la conscience de soi, dans ce cas, fait appel à l’inconscience de l’autre et/ou collective, et c’est ce qui fait son intérêt. Faire un travail quotidien et introspectif sur sa propre angoisse de castration, sur son angoisse d’abandon, sur son angoisse de rejet, et d’autres, et sur ses mécanismes de défense inconscients, lui permettra de représenter l’impasse de l’autre. Là est tout son art ! Si on sait faire, alors on sait défaire !
L’art de l’humour est-il de savoir défaire ce qui est en soi, l’observer, pour le refaire et accéder au « raté mieux » ? C’est ici que l’immense travail de l’interprète prend tout son sens, qui est d’« essayer encore, rater encore, rater mieux » et d’acquérir les compétences de re-présenter soi à l’autre.
LA CONFUSION
« Rater mieux », voilà un oxymore qui nourrit la question si on la pense, crée le comique si on l’imagine, et l’incompréhension chez le dyslexique.
Avec ou sans les mots, le comique du ratage réside aussi dans l’oxymore qui est mis en scène, c’est-à-dire dans l’instant de confusion du sujet au point de scansion, à sa butée. Ce qui amène notre rire, c’est la confusion de l’autre qui, par effet projectif, est nous-même. Ce qui déclenche notre attente, c’est de voir comment le sujet va se sortir de sa confusion : réitérer, être étayé par l’autre, ou abandonner ?
L’attente est là ! Pierre d’achoppement ou clef de voûte ? Si Pierre ne trouve pas la clef, il trébuche et la voûte s’effondre. Si un autre offre la clef, alors Pierre s’en sort et la voûte tient le coup, mais Pierre sera en dehors. Si Pierre trouve la clef par lui-même, en réitérant ses essais, il pourra construire la voûte jusqu’à son maintien. L’apprentissage de Pierre est dans sa conscience et sa capacité à intégrer son apprentissage pour ne pas achopper. Ce que nous dit le dicton « pierre qui roule n’amasse pas mousse », c’est que c’est par la persévérance que Pierre prend conscience que c’est en construisant la clef par lui-même qu’il peut s’élaborer, et non en fuyant la situation. Il vaut mieux savoir échouer que ne rien tenter ! Accepter l’échec. Essayer, rater, essayer encore, rater encore, rater mieux.